Photo de rue et argentique: ITW de 3 photographes !

on 4 mai 2015 in Interview, Photo de rue by with 24 Comments

Après vous avoir proposé cinq interviews de photographes sur la photo de rue, j’ai eu envie d’explorer un domaine que je ne connais pas vraiment: la photographie argentique ! Le numérique n’a pas conquis tout le monde et certaines personnes prennent encore énormément de plaisir avec les pellicules.

Quelles sont leurs motivations ? Quels sont les avantages ou les inconvénients de l’argentique vis à vis de la photo de rue ? Quels conseils nous donneraient ils ? J’ai posé tout un tas de questions à François Constant, Vincent Montibus et Fred Laurent, et c’est avec grand plaisir que je vous partage ici leurs réflexions sur le sujet 🙂

Les photos de l’article appartiennent donc à ces trois photographes, leur nom est inscrit sous chacune de leurs oeuvres ! (la photo que l’on voit à la une, sur la page du blog, est de moi: c’est la seule photo de rue que j’ai fait à l’argentique avec mon Canon AE-1 et le 50mm)

 

 

Entretien avec François, Vincent et Fred

Comment êtes vous venu à l’argentique ? Dès le début de votre pratique photographique ou un peu par hasard ?

François

J’ai commencé par le numérique, pendant 3 ans j’ai utilisé des réflex, avec pleins d’optiques, des flashs etc etc. Je changeais de boitier tous les 6 mois, je voulais le nouveau, le dernier cri, avec les optiques qui « piquent » et qui ouvrent le plus possible. Un blaireau quoi.
A cette époque, je ne faisais pas de street photo, je ne savais même pas ce que c’était. Je faisais de la photo sportive, skateboard et parkour.
Un jour, mon père m’a prêté son vieux Nikon FE2, j’ai chargé une pellicule noir et blanc et je l’ai amené avec moi lors d’une séance photo, pour tester un peu. J’ai fait développer le film et j’ai adoré les photos qui en sont sorties. Ça a été le début de l’aventure argentique et aussi le début de la fin de l’aventure numérique.
En plus de ça, mon père est lui aussi amateur de photo, j’avais la chance d’avoir un labo photo dans la cave chez mes parents, ou j’ai appris à développer et à tirer.

Vincent

J’ai recommencé à faire de la photo argentique, il y a environ 4 ans maintenant. J’avais besoin de ralentir mon processus photographique, de revenir aux fondamentaux et à la photo plaisir. L’argentique c’est imposé naturellement.

Fred

L’argentique est venu tout naturellement puisque j’ai commencé à la fin des années 80. A l’époque, je voulais figer mes souvenirs de voyage. Par la suite, je faisais beaucoup de portraits, notamment à la naissance de ma fille en 93. Depuis, je n’ai jamais arrêté la photo argentique. Le matériel dans mon sac a évolué mais toujours avec de la pellicule.

 

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© François Constant

 

Pourquoi pratiquer la photo de rue à l’argentique ? Quels sont les avantages ? 

François

Je pratique la photo de rue en argentique parce que j’aime tout simplement le process et le rendu. Je gère tout de A à Z (choix du film, exposition, développement, numérisation, post traitement, planches contact, tirages argentiques), je n’ai pas d’écran qui vient me distraire, c’est simple, instinctif, j’aime passer les vues manuellement, développer mes films, découvrir mes images plusieurs jours, semaines, mois après les avoir prisent.

A côté de tout ça, le rendu d’un film est unique, et aujourd’hui il n’y à rien qui peut imiter ça.
Le rapport matériel que l’on a avec ses photos, elles existent, physiquement. Pour moi le numérique n’a pas de saveur, pas d’odeur, pas de toucher, ce ne sont que des 0 et des 1, sans âme.
Pour moi l’argentique est avant tout un état d’esprit, et une démarche personnelle, des sensations et une réflexion que le numérique ne m’apporte pour l’instant pas.

Vincent

La première motivation est le plaisir. Je fais de la photo pour moi et non pour un client et si je ne déclenche pas, que je loupe une photo, ce n’est pas grave. Je ne me mets pas de pression.

D’un point de vue des avantages, je trouve le matériel plus simple (ouverture, vitesse, focus) ce qui me permet de me concentrer sur mon cadrage, et également sur les gens et leurs interactions. Les appareils que j’utilise sont plus petits que des réflex numériques et sont donc moins intimidants.

Fred

Je dirai surtout que c’est une question d’affect. J’ai une passion infinie pour la photo argentique. L’aspect, le rendu, la souplesse de travail. Pour moi, il n’y a pas encore d’égal. Côté avantage, je dirai : simplicité. La prise de vue en argentique se résume à une ouverture, un temps de pause et un choix de sensibilité pour la pellicule. C’est tout. On pourrait penser que le numérique apporte plus de souplesse mais ce n’est pas si évident. Par exemple, je me sens bien plus efficace en photo de rue avec un appareil argentique qu’avec un numérique. Pas besoin d’autofocus, l’hyperfocale est une aide précieuse lorsqu’il faut être très réactif. Ensuite, la dynamique d’une Kodak Tri-X n’est égalée que par le Nikon D800 et ses confrères haut de gamme et encore… Le noir et blanc numérique n’est toujours pas aussi riche en nuances qu’en argentique.

 

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© Vincent Montibus

 

Et les inconvénients ?

François

Je ne pense pas qu’il y ait vraiment d’avantage à utiliser de la pellicule, au contraire, c’est bien plus contraignant et exigent que le numérique.

Si tu charges une pellicules 400 iso, et que tu décides de la faire à 400 iso, et bien tu es coincé à 400 iso jusqu’à ce que tu aies fait tes 36 vues. Rien que pour ça, le numérique est beaucoup plus souple et pratique.

Ensuite, il faut porter les pellicules, les stocker, y faire attention. On dirait pas comme ça mais, ça pèse dans un sac.

Si jamais tu as fait une connerie en chargeant ton film ou dans tes réglages, tu ne le sauras qu’une fois la pellicule développée, il faut donc toujours être concentré et très attentif à ce que tu fais, c’est très exigent.

Vincent

Le plus gros est le manque de versatilité par rapport au numérique. Il faut travailler à ISO fixe, et on est soit en noir et blanc soit en couleur. Et bien sûr, la carte mémoire n’a que 36 poses ! Ces inconvénients peuvent facilement se convertir en avantages car à toujours travailler avec un boitier, un objectif, un film à ISO donné, et un révélateur, on reste consistant dans le temps et on arrive à produire un travail homogène.

Il faut également aller au bout du processus (développement, tirage ou scan) pour voir la photo, ce qui peut être « frustrant » pour certain.

Fred

L’inconvénient majeur en argentique si je devais en retenir un serait au niveau des sensibilités. Mais là encore, c’est à relativiser. C’est comme si je vous disais : l’inconvénient des voitures du 21ème siècle est qu’elles ne volent pas. Avec un réflex numérique de bonne facture, on peut monter assez en haut en sensibilité mais il faut mettre le prix. Tout le monde n’a pas les moyens de débourser 1500, 2000 euros uniquement dans un boîtier. Et l’argentique ne m’a jamais empêché de photographier la nuit ou sur scène bien au contraire, c’est dans des conditions difficiles que j’ai fait mes meilleures photos. Le tout est de savoir s’adapter à la situation. Par contre, il est vrai qu’un bon photographe, bien équipé aura plus de chance de travailler dans de meilleures conditions que moi et sortira plus de bonnes photos.

 

Ypres

© Fred Laurent

 

Les gens vous regardent-ils différemment ?

François

Les gens… Quels gens ? Les photographes, ou les amateurs de photo me voient comme un « hipster », un mec qui fait ça pour la frime, parce que c’est à la mode, alors que ça coute cher, que c’est contraignant… etc etc

Les personnes que je prends en photo eux, à mon avis, ne savent même pas si mon appareil est un numérique ou un argentique.

Dans la rue, utiliser un argentique ou un numérique ne change absolument rien. Tout est une question de pratique, d’attitude et de comportement.

Vincent

Je n’ai pas noté de différence de regards ou alors je ne l’ai pas remarqué. Les gens remarquent que c’est un appareil argentique quand ils demandent à voir la photo et qu’il est impossible de la montrer mais c’est une situation tellement rare que ce n’est pas gênant.

Fred

Non, dans la rue, les gens ne voient pas la différence entre un reflex numérique et mes boîtiers. Depuis une quinzaine d’années, j’utilise des reflex argentiques dernière génération.

 

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© François Constant

 

Quels sont vos formats (pelicules 24×36, 6×6…) favoris et pour quelles raisons ?

François

J’utilise uniquement le format 24×36.

Vincent

En photo de rue, je shoote principalement avec un 24×36 car les appareils sont plus petits que les moyens formats (120) mais il m’arrive quand même d’utiliser une Plaubel Makina 67.

Fred

Je travaille uniquement en 24 x 36. C’est un format que je connais bien et que je maîtrise. Il me permet d’être opérationnel en reportage. Le moyen format demande une autre approche. J’aime beaucoup les sensations que peuvent offrir le 6×6 par exemple. Le rendu est exceptionnel mais je ne me suis jamais investi dans ce format.

 

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© Vincent Montibus

 

Et pour les appareils photo, vous utilisez quoi ? Quels doivent être leurs qualités selon vous ?

François

J’utilise un Leica M7 et un 2/35mm Summicron ASPH. Je l’ai toujours dans mon sac.
Selon moi, il n’existe pas d’appareil parfait, il faut juste trouver celui qui nous correspond et qui répond le mieux à nos attentes.
Pour la streetphoto, je pense qu’il doit être petit, discret, simple dans ses réglages, et très rapide dans son utilisation et sa mise au point.
Il faut le maitriser parfaitement et pouvoir aller vite, très vite, lorsqu’on veut prendre une photo.

Vincent

J’utilise principalement 2 appareils, un Leica M6 TTL avec un Summicron 35mm et un Rollei 35. Ils sont petits, discrets, légers et silencieux toutes les qualités qu’il faut pour la photo de rue.

Fred

Je me suis débarrassé des vieux boîtiers Olympus OM, Pentax et des compacts. Je ne travaille plus qu’avec deux EOS 3 et accessoirement un EOS 30v. Ils sont complets, précis. D’ailleurs, les reflex numériques actuels ont été conçus à partir de ces reflex argentiques. Le viseur de l’EOS 3 est agréable. Il monte au 1/8000. On retrouve les mêmes types de mesures que sur un EOS 7D par exemple : évaluative, pondérée centrale, sélective et spot. On peut même définir une mesure moyenne de plusieurs points et la mémoriser. Le pilotage par l’oeil existe mais je ne l’utilise quasiment jamais. Sur l’EOS 3 comme sur l’EOS 30v, on peut changer de bobine en cours de route et la reprendre plus tard. C’est tout de même un avantage quand on passe de la lumière à l’ombre comme cela arrive souvent en photo de mariage.

 

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© Fred Laurent

 

Votre façon de photographier change-t-elle entre la couleur et le N&B ?

François

Oui complètement, je ne regarde pas les choses de la même façon en couleur ou en N et B, forcément.
En noir et blanc je suis plutôt concentré sur l’humain et l’émotion, alors qu’en couleur je suis attiré par la couleur (ça va de soit) et les scènes marrantes, clownesques.

J’ai aussi tendance à sur exposer un peu mes films couleurs pour rendre les couleurs un peu plus flashy.

Vincent

Que ce soit en couleur ou en noir et blanc, les films encaissent plus facilement une surexposition qu’une sous-exposition. Je m’efforce donc la plupart du temps d’exposer pour les ombres plutôt que pour les hautes lumières. A part en conditions de lumières difficiles, j’essaye toujours d’estimer à l’œil et avec la règle du f/16, mon couple ouverture / vitesse quand je suis dans la rue.

Fred

Oui, pas tellement par rapport à l’exposition de la pellicule parce qu’en noir et blanc, j’expose pour les ombres et en couleur j’expose souvent avec 1L de plus. Une pellicule de 400 ISO se comporte mieux quand on l’expose à 200 ISO. Le scan est plus facile, les images sont plus brillantes. Après tout dépend de la pellicule. La Kodak Ektar par exemple n’aime pas trop les écarts d’exposition un peu comme en diapo Mais surtout dans le type d’image que ma façon de travailler change entre couleur et noir et blanc. En noir et blanc, je fais attention à l’alternance ombres et lumières et je m’arrange pour obtenir un beau contraste. En couleur, je pense à la couleur comme une matière. J’aime beaucoup les couleurs denses et sourdes.

 

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© François Constant

 

J’imagine que vous avez des pellicules préférées, dites nous tout !

François

Je ne travaille qu’avec de la TriX 400 (film noir et blanc) en 135 (24×36) parce qu’elle est pas chère, que je peux la pousser facilement si besoin et j’adore son rendu, il correspond bien à mon style je trouve. En plus de ça, elle encaisse très bien les écarts d’exposition donc elle tolère quelques erreurs.
J’expérimente de temps en temps la couleur mais le rendu que j’obtiens ne me convient pas, pour l’instant. Je trouve le numérique meilleur pour la couleur et plus pratique.
C’est d’ailleurs pour ça que je ne fais quasiment jamais de photos couleur.

Vincent

Au niveau des films, en noir et blanc après avoir beaucoup shooté de la Kodak Tri-X 400, je bascule petit à petit sur de la TMax 400 qui possède un grain plus fin et qui se « pousse » bien (en gros je l’expose comme si c’était un film 1600 ISO par exemple et je compense au développement). En couleur, je suis principalement sur de la Fuji Superia 400 car j’aime son rendu et également pour une question de prix.

Fred

J’affectionne particulièrement la Kodak Portra et la Kodak ektar. En noir et blanc, mes préférences vont pour la Kodak Tri-X et la Kodak TMAX même si j’utilise aussi d’autres pellicules comme Rollei, Agfa et Ilford. De temps en temps, je reprends de la pellicule amateur Fuji Superia pour des petits projets sans importance.

 

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© Vincent Montibus

 

Parlez nous de la planche contact, qui est un outils venant de l’argentique. La conseilleriez vous à quelqu’un qui fait du numérique pour choisir ses photos ?

François

Mes planches contacts me servent avant tout à archiver mes négatifs, je vois comme ça toutes les photos qui sont sur un film et ça m’aide aussi à retrouver plus facilement les négatifs que je cherche quand je veux scanner une photo ou faire un tirage.
C’est aussi un moyen de travailler, et de sélectionner ses photos. On voit les choses dans leur ensemble alors que sur un écran, je n’arrive pas du tout à prendre de recul sur une/des image(s).
Là encore, je pense qu’il est propre à chacun de travailler comme il aime.
Dans ma démarche, la planche contact est une suite logique. Je me dis aussi que, un jour, quelqu’un tombera peut être sur mes classeurs et pourra tourner les pages et regarder les photos. Pas sur que ça arrive un jour avec un disque dur…
Je déteste lire sur un écran, j’aime lire un livre en l’ayant dans mes mains, en le touchant, la texture du papier, son odeur. C’est un peu la même chose avec les planches contacts opposées à la bibliothèque Lightroom, par exemple.

Vincent

Par manque de temps, je ne fais que très rarement des planches contact à l’agrandisseur mais je me sers du scan (basse définition) et de LightRoom pour travailler avec des « planches contact numériques ». Pour moi à partir du moment où un photographe utilise un logiciel de catalogage type LR, il fait son editing comme on peut le faire avec une planche contact papier. On choisit les photos avec des couleurs, drapeaux, étoiles au lieu de les regarder à la loupe et de les entourer avec un crayon rouge mais le travail intellectuel du choix reste le même.

Fred

La planche contact, on la retrouve dans Lightroom. L’outil est bien pratique pour effectuer une sélection. En numérique, la planche contact papier n’est pas nécessaire et vu la quantité d’images que l’on peut produire, cela devient difficile à gérer. Le principal est d’apprendre à faire une sélection drastique de ses images. Sinon, moi, j’utilise Adobe Bridge une fois les images scannées.

 

Lille bijouterie Boutry

© Fred Laurent

 

Concernant le développement, le faites vous vous même ? Tirage par agrandisseur, scan des négatifs ?

François

Oui, je développe mes films noir et blanc moi-même, je les scanne aussi moi-même et je fais mes tirages.
J’aime cette idée de gérer entièrement mon processus de prise de vue, comme ça, je m’approprie vraiment mes photos. C’est mon travail, mes photos, ma vision.

Vincent

Je développe mes films noir et blanc et couleur moi-même car c’est une étape que j’apprécie. J’aime redécouvrir mes photos lorsque je sors le film de la spire pour le faire sécher. Ça me permet d’accumuler un peu les films exposés avant de les développer. On redécouvre comme cela les photos prisent il y a quelques temps. Ensuite, je scanne en basse définition mes négatifs afin de réaliser ma planche contact sous LR et de choisir les photos (pour le noir et blanc) que je vais tirer à l’agrandisseur ou scanner proprement. Le labo (développement et tirage) a vraiment un côté « magique » que j’aime énormément.

Fred

Je confie mes développements à des laboratoires parisiens. Le travail est propre et régulier. Je n’ai pas de surprise. Par contre, je scanne mes négatifs. J’aime choisir moi-même les densités, les contrastes et travailler sur la palette des couleurs.

 

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© François Constant

 

Quels sont vos papiers favoris pour le tirage de vos photos ?

François

Je ne suis pas un grand spécialiste du tirage argentique, j’ai fait quelques essais et mon papier préféré reste pour l’instant le Baryté Ilford.
J’aime son rendu contrairement aux autres papiers brillant qui font cheap, je trouve. Il existe beaucoup de papiers Barytés différents, avec beaucoup de rendus différents. Je suis encore loin de les avoir tous testés.

Vincent

Je ne me suis pas encore lancé dans le tirage sur papier baryté donc pour l’instant je reste sur du classique papier RC multigrade plus simple à rincer et à faire sécher.

Fred

Les tirages sont réalisés en majorité sur du papier Canson Baryta 310 grs surtout en noir et blanc.

 

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© Vincent Montibus

 

Quels conseils donneriez vous à un photographe qui souhaiterai découvrir la photo de rue à l’argentique ?

François

D’essayer ! Pas besoin d’un appareil pointu pour expérimenter. Et ça ne coutera que le prix d’un film + développement et scan. Encore une fois, selon moi, l’argentique est avant tout une question de démarche et de recherche d’un rendu spécial.

Vincent

Je lui dirais de foncer !

Plus sérieusement, s’il n’a aucune base en photographie argentique, je lui conseillerai de prendre un cours ou de suivre une formation avec un autre photographe ou une association. Il pourra comme cela apprendre rapidement à développer ses films et fera des économies (pas de frais de labo). Je lui conseillerai également de choisir un appareil qu’il maitrise et tester plusieurs types de films / révélateurs pour trouver le couple qui lui convient.

Fred

Le principal, concernant la photo de rue, c’est de choisir un boîtier type reflex avec une seule focale fixe type 35 mm ou 50 mm et d’apprendre à le connaître sur le bout des doigts. Cela peut être un Olympus OM1, OM2n, un Canon AE1, un Nikon FM, FM2, un Nikon autofocus F80, F100 ou un Canon autofocus EOS 100, EOS5, EOS30, 33 … Ensuite, faire un petit stage développement pour comprendre les bases du noir et blanc. Cela peut servir à bien placer ses gris et à choisir une bonne exposition au moment de la prise de vue. L’idéal en photo de rue argentique, c’est de pouvoir travailler en mode manuel.

 

Dimanche matin

© Fred Laurent

 

Merci beaucoup à vous trois ! Je vous laisse le mot de la fin 🙂

François

Merci Thomas pour cette interview et bonnes photos !

Vincent

Pour finir, je dirais simplement que ce qui compte c’est l’image et le plaisir de la faire !

Fred

N’ayez pas d’apriori à propos de l’argentique. Ne vous fiez pas uniquement à ce que l’on peut lire sur les forums et les sites. Testez par vous même et faîtes un essai scanner chez vous. Vous y prendrez goût rapidement.

 

Et vous, vous arrive-t-il de photographier dans les rues à l’argentique ? Profitez des commentaires pour nous parler de votre expérience !

 

24 Responses to Photo de rue et argentique: ITW de 3 photographes !

  1. Bonjour
    Personnellement j’ai commencé la photo de rue il y a… un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaitre.
    Bref, j’ai commencé avec 2 appareils argentique soviétique des Zénith (du lourd et du costaud), ensuite je suis passé à 2 appareils toujours argentiques allemand Leica CL (léger mais fragile) et aujourd’hui j’ai basculé sur le numérique avec 2 appareil japonais Fuji X20 + X100s. (léger, fiable, mais surtout très très silencieux, bien plus silencieux que des Leica dernière génération (j’ai vérifié).
    Bref, mes années argentiques, beaucoup de bonheur mais aussi beaucoup de raté (les bains, les papiers collés sur la glaceuse, les fuites de lumières dans les bobines, etc. c’était sympa, mais quelle galère, il faut bien l’avouer! Je suppose qu’aujourd’hui faire de l’argentique est plus simple. Un petit détail, avec mon X100s beaucoup de gens me posent la question, « vous faite toujours de l’argentique » en fin de compte je suis resté un peu fidèle à l’argentique.
    Bien cordialement
    Serge
    https://www.flickr.com/photos/119524765@N06/

    • Thomas Benezeth dit :

      Merci Serge de nous parler de ton expérience ! C’est effectivement un temps que je n’ai pas connu 🙂 Je te rejoins que le X100S, au delà de son look sa philosophie est un peu la même que celle de l’argentique. Tu as donc eu plus de galères que de bons moments pour passer au numérique ou c’était une évolution logique pour toi ?

    • coucou et bravo pour le titre accrocheur et non dénué d'humour qui mène à cette jolie page!!!une belle réussite pour uns star dans le vent!!lolBravo Pascale et merci du partageBonne continuation et bisesMC

  2. Pierre dit :

    Tu le sais bien, je me suis mis à la photo de rue en juillet 2014 après m’être procuré mon nikon FM2 et un 50mm 1.8.
    L’argentique est petit à petit devenu mon mode de shoot principal. Je ne développe pas encore mes négatifs mais je compte bien commencer un jour ! Il faut juste patienter un peu, le temps de trouver mes pellicules préférées et une vraie démarche artistique.

    • Thomas Benezeth dit :

      Salut Pierre ! Oui effectivement je le sais, et je trouve que tu débrouilles bien 🙂 À te lire j’ai le sentiment que tu te mets à l’argentique pour son côté poétique, rendu unique, choix des pellicules et développement. Je trouve ça très intéressant et peut être que j’y viendrais un jour !

  3. Bonjour à tous, bonjour Thomas
    Pour répondre à ton interrogation.
    Evolution logique? Je ne sais pas, mais solution de facilité, c’est certain. Il faut savoir que, développer ces films et ensuite faire des tirages papiers, cela prend du temps… et de la place. C’est sûrement très terre à terre comme argument, mais imagine, 3 cuvettes formats 30 x 40 et même 50 x 60 sur un plan de travail + un agrandisseur (Ahel12) avec son plateau 50 x 60 + une glaceuse double face 50 x 60 + les produits chimiques, + les cuves pour développer les films + le stockage des différents papiers + un local dédié avec un éclairage inactinique, bref cela ne s’improvise pas. Malgré cela, j’encourage à faire l’essai de ces tirages papiers (les techniques se sont sûrement allégés) une chose est sur, voir l’image de sa photo apparaitre dans la cuvette du révélateur c’est magique! et même jouissif! si, si!
    C’est un peu comparer la pochette d’un 33t et la jaquette d’un boitier CD, y’a pas photo!
    Aucune nostalgie à cela et surtout pas, c’était mieux avant! disons que c’est différent, après à chacun de choisir en fonction du but recherché
    Bien cordialement
    Serge
    https://www.flickr.com/photos/119524765@N06/

    • Thomas Benezeth dit :

      Je comprends tout à fait, et j’imagine très bien les contraintes de place et de temps. C’est un véritable dilemme entre ces inconvénients et la magie du révélateur !

  4. Lionel dit :

    J’ouvre un article qui a pour titre « Photo de rue et argentique » et je me retrouve avec un texte déjà lu, qui compare argentique et numérique. Bien sur il parle plus d’argentique que de numérique mais il ne parle que très peu de la photo de rue.
    Pour moi la pellicule et la photo de rue sont indissociables car la photo de rue est et doit être une empreinte de notre époque. Il n’y a que la pellicule et un tirage sous agrandisseur qui peut « certifier » que cette empreinte est réelle. En fait pour moi la pellicule apporte que ce le numérique n’apporte pas : la véracité à la photo et en photo de rue c’est très important.
    Je m’étonne donc que cet article sur la photo de rue argentique parle tant de numérique. Bien sur aujourd’hui il est impossible de faire ses tirages couleur soit même et on doit donc passer par une numérisation ou un labo, mais pour ce qui est des tirages N et B tout reste possible (et non ce n’est pas plus facile qu’avant). Et ce n’est pas ça le plaisir de l’argentique, travailler sur toute la chaine ?
    L’argentique ce n’est pas qu’une patine, qu’un rendu, c’est aussi et surtout comme je l’ai dit une véracité donnée à la photo mais aussi un travail de rigueur. C’est un contact avec la matière. La photo de rue est une sorte de philosophie contemporaine. Elle doit être pratiqué avec rigueur.
    La photo de rue sur pellicule… Il y a tant et tant à raconter que je ne comprend pas pourquoi un article comme celui ci dévie très rapidement sur l’éternel comparaison argentique contre numérique, avec toujours les mêmes arguments.

    • Thomas Benezeth dit :

      Faut pas être si déçu que ça Lionel, j’ai rien promis 🙂 Plus sérieusement, je n’ai pas le sentiment que l’interview parle plus de numérique que d’argentique, mais la comparaison est importante, je trouve. Et la comparaison ne prend pas le pas sur l’argentique, on y parle de choix de pellicule, d’appareil photo, de papier, de développement… Et puis tu fais toi même la comparaison avec le numérique 😉

      L’ITW parle plus d’argentique que de photo de rue, c’est un choix: pour la photo de rue, il y a 5 autres ITW !

      Je n’ai pas connu le temps de l’argentique, l’avant numérique. C’est une façon pour moi de le découvrir et d’en faire profiter les lecteurs. C’est aussi une façon de donner envie !

      En tout cas je te remercie d’avoir donné ton avis et si jamais tu écris un article sur la photo argentique et la photo de rue, je le lirai avec plaisir !

      • Lionel dit :

        De rien. La photo argentique et humaniste est ma passion. Je préfère le terme « humaniste » que photo de rue car aujourd’hui le terme « photo de rue », tout comme pas mal de choses d’ailleurs en photo, est devenu un peu un fourre tout dans lequel on retrouve des milliers de simples photos de passants qui passent. A l’origine la photo de rue était notre miroir. Aujourd’hui elle est devenue la street photography et n’est plus que le reflet d’un moyen d’expression bâillonné par le droit à l’image.
        Je suis désolé mai je n’écrit jamais d’article sur quoique ce soit mais tu peux aller voir ce site sur lequel j’explique les dysfonctionnements de la prise en charge des clochards sur Paris. Il y a quelques photos faites sur pellicules dans des conditions assez difficiles.

        http://lagrandeexclusion.free.fr

        • Thomas Benezeth dit :

          Je suis d’accord sur les dérives du termes « photo de rue », ça fait souvent débat mais j’y accorde que peu d’importance, ce qui m’importe c’est le plaisir que je prends à photographier les gens dans nos villes !

          Merci pour le lien, je vais aller lire tout ça.

  5. Chrisé dit :

    Bonjour Thomas,
    Bel article que voilà.
    Ah l’argentique….j’aime beaucoup! Je l’ai pratiqué pendant une période mais je ne faisais pas de street photo à l’époque.
    J’ai arrêté car là oú je vivais,le magasin photo ne travaillait plus avec le labo de Toulouse(celui oú les photos étaient tirées).
    Donc,j’ai repris mon numérique..lol
    Aujourd’hui je suis toujours au numérique mais c’est surtout une question de budget..
    Car bien quun boitier argentique soit tres abordable,on ne peut pas en dire autant du reste de materiel nécessaire..
    peliculles,frais de tirages et developpement…
    Alors bien sur,certains diront qu’on peut le faire nous meme! Alors je répondrais déjà qu’il faut du temps(je pense que pour arriver à un bon résultat final,il faut en faire des manips entre le développement et le tirage),de l’argent (car le matos pour le tirage n’est pas donné), et de la place ( et oui,une pièce spécial pour le tirage).
    Apres,il reste la solution intermédiaire,pour gérer le tirage soi même,à savoir le scan de négatifs.
    Mais je troive dommage d’utiliser un boitier argentique pour,au final,traiter l’image numériquement.
    Donc j’ai un certain respect pour ces gens qui travaillent encore en argentique et que font que ce mode de photographie demeure toujours aujourd’hui..
    Cela dit,jene garantis pas qu’un jour,je ne reprendrais pas mon vieux pentax (« heritage » de mon père) et que j’arpentrais les rues …
    L’avenir nous le dira…

    • Thomas Benezeth dit :

      Bonjour Chrisé et merci 🙂 Le fait de scanner les négatifs ne me dérange pas tant que ça à vrai dire, je comprends les photographes qui font ça, ils ont besoin de pouvoir montrer leurs photos sur leur blog. Je ne crois pas que cela les empêche de tirer leurs photos sur papier, en parallèle.

      Alors c’est sur que ça enlève un peu de magie au procédé, mais comme tu dis tous n’ont pas la place ni le temps de le faire.

      J’ai aussi beaucoup de respect pour ces photographes 😉

    • Lionel dit :

      Je trouve dommage aussi d’utiliser de la pellicule pour finir le travail avec des logiciels. C’est je pense dépenser beaucoup d’argent pour un résultat qui ne sera jamais équivalent au numérique. L’adaptation d’un support vers un autre fait des dégâts. Ceci bien sur pour le noir et blanc car pour la couleur aujourd’hui seule la numérisation permet de sortir des tirages sans passer par un labo.

  6. Bonjour à tous ,Thomas, Lionel
    « Il n’y a que la pellicule et un tirage sous agrandisseur qui peut « certifier » que cette empreinte est réelle. En fait pour moi la pellicule apporte que ce le numérique n’apporte pas : la véracité à la photo et en photo de rue c’est très important. »
    Sans rentrer dans une polémique sans fin, le terme de « certification et de véracité » me semble totalement infondé, c’est un peu comme l’objectivité dans le journalisme, c’est une vaste plaisanterie.
    Personnellement j’ai « tripatouillé » mes tirages photos, moins facilement qu’avec Photoshop, il est vrai, mais un peu de patience et de dextérité, il est possible de faire apparaitre ou disparaitre un personnage issu d’un tirage certifié argentique.
    Et puis certains diront que le 24×36 « c’est pas de la photo » seul le travail avec une « chambre » procure la « Vraie, l’Unique Photo »
    Je pense que la seule chose de vrai, c’est le plaisir et uniquement le plaisir, qu’importe l’outil.
    Serge

    • Lionel dit :

      Je pratique la photo depuis plus de 45 ans et je développe depuis plus de 35 ans et je n’ai jamais vu quelqu’un capable de rajouter ou d’ôter un personnage. J’ai vu des montages oui, faits par des techniciens de labo formés durant des années (pas des photographes) mais en y regardant bien le montage se voit. On peut même voir sur certains tirages de grands photographes des traces d’une simple repique. J’ai vu aussi pas mal de tirages fait par des amateurs comme moi sur lesquels le simple fait d’avoir travaillé sur certaines zones pour la lumière par exemple ce voyait très bien. Ajouter ou retirer un personnage je serais le faire mais le résultat serait catastrophique et laid.
      Je ne veux pas enflammer un débat qui serait inutile, mais perso j’en ai tellement lu sur le net par des « anciens de la pellicule » que je reste toujours méfiant. Beaucoup trop, je ne dis pas que c’est votre cas Serge, disent connaitre le travail au labo sans jamais l’avoir pratiqué.
      Ce weekend ce tient le festival photo des Ascensionnelles. C’est en Corse et j’y participe comme intervenant sur l’atelier labo noir et blanc ainsi que sur le développement des diapos. Si certains parmi vous peuvent s’y rendre c’est volontiers que je donnerai toutes les explications et répondrais à toutes les questions.
      Je sais la Corse c’est loin mais comme tous les ateliers du festival sont gratuits, ça compense un peu.

      • Alexis dit :

        Salut !

        Pour ma part je suis assez d’accord sur le fait qu’il est quais impossible pour le vulgum pecus de trafiquer un tirage argentique sans laisser de trace de son forfait. Ce qui réduit drastiquement les velléités des esprits pas très versés dans les valeurs authentiques …

        Maheureusement, il y a des experts qui ont réussit des coups assez bluffant, je pense aux services secrets de l’époque soviétique qui savaient gommer à la perfection la trace des personnes devenues indésirables. Ceux qui avaient fini au fond d’un bois parceque les goulags sibériens étaient sans doute encore un peu trop près de Moscou …
        exemple avant : http://fr.wikipedia.org/wiki/Trucage_photographique#/media/File:Voroshilov,_Molotov,_Stalin,_with_Nikolai_Yezhov.jpg

        exemple après : http://fr.wikipedia.org/wiki/Trucage_photographique#/media/File:The_Commissar_Vanishes_2.jpg

        Je n’ai pas tenu en main moi-même ces tirages mais sur un tirage de presse je suis certain que c’est tout à fait invisible. Il y a d’autres exemples mais celui-ci est assez connu.

        Bref cela reste faisable et donc si je suis également assez d’accord avec le fait qu’un tirage aux sels d’argents est plus fiable et respectable qu’un tirage numérique facilement trucable (mais surtout sans chaleur), il n’en reste pas moins infailliblement non possiblement truqué …

        Ce qui me pousse dans une pensée jusqu’au boutiste à envisager de réclamer haut et fort l’obligation pour les photojournalistes de n’utiliser que des procédés intantanés 😉 là plus de doute on perdra en piqué mais en gagnera en photographie et surtout en crédibilité.

        Et par la même occasion Fuji relancera peut-être la FP-3000B qui est une perte immense de mon point de vue tout nombriliste …

        Bon je vais prendre un sucre et calmer cette petite hypo passagère …

        Plus sérieusement (je ne l’étais qu’à moitié et la honte me gagne) « Ceci n’est pas une pipe » est la phrase de Magritte qui restera la plus appropriée pour décrire le processus photographique ainsi que ses artéfacts …

        Au plaisir
        Alexis Articles récents…Développement noir et blanc maison – coût de revientMy Profile

        • Thomas Benezeth dit :

          Merci Alexis d’apporter ta pierre à l’édifice !

          Cette discussion me fait quand même réagir sur un point: pensez vous réellement que les photographes de rue qui utilisent le numérique trafiquent leurs photos ?

          Je sais qu’il y a quelque cas rares dans le photo journalisme, mais d’une manière générale, je ne pense pas que les amateurs de photos de rue réalisent des montages photos.

          Pour les photos agentiques « trafiquées », pensez vous que cela se verrait une fois scanne et présentée sur le net ?

          Pour ma part, il m’arrive régulièrement de retirer un élément géant (un point blanc disgracieux dans un N&B par exemple, qui gêne la lecture de l’image mais qui ne ment pas pour autant), et je ne considère pas ça comme de la triche.

          • Alexis dit :

            1. Oui je pense que certains photographes amateurs abusent de la retouche structurelle. Ils font certainement parti du groupe formés à l’école « Kelby » et autres mentors internets du même style qui ont totallement désacralisé la retouche structurelle i.e. le clonage.

            2. Pour les « photographes de rue » (un mauvais terme à mon sens …) très investis dans cette prise de vue je pense en effet que quelque soit le medium ils ont une approche assez puriste de l’image. Il est donc peu probable qu’un grand nombre d’entre eux trafiquent leur photos. Mais le diable guette … quand dans une profession: le photojournalisme, il est régulièrement rappelé à grand renfort de voies que la retouche structurelle est interdite sous peine de perdre son job sa réputation etc … tu en as quand même chaque année qui se font attraper ! que penser de ceux qui n’ont pas un job en ligne de mire ? Ils n’ont certes aucune pression de produire une image vendable donc pourquoi retoucher ? mais ils n’ont également comme garde-fou que leur propre conscience et sens de l’esthétique … et quand la notion de goût et de couleur entre en compte …

            Une majorité ? non je ne pense pas, mais quelques uns? oui certainement, il y en a déjà chez les pros, pourquoi les amateurs seraient ils épargnés ?

            3. Sur le net tu fais passer ce que tu veux ! on est pas encore à la 4K et les dimensions d’images dépassent rarement les 800 pixels … franchement, perso je ne jugerais pas sur un écran à moins d’avoir une résolution de malade, et même encore …

            4. La vrai question c’est l’intégrité du photographe, faire passer des vessies pour des lanternes franchement c’est le B-A-BA de la photographie dès que tu cadres tu élimines de l’info et donc tu transformes à loisir la perception d’un contexte réel. La vrai question pour moi n’est pas la technique mais l’approche du gars qui appuye sur le bouton. Si on s’arrêtait à ça on cloturerait toute discussion sur la retouche. Mais on préfère parler photoshop et technique …

            5. La triche: il n’y a de triche que s’il y a des règles. La VRAI question c’est (la 4.) qu’est que TU veux dire ? c’est toi qui établis les règles: si tu veux décrire la réalité faire du figuratif alors oui le clonage est une effreinte à ta propre règle. Si tu veux dire/faire autre chose les règles sont alors différentes.

            Un bon exemple qui résume pourquoi c’est assez important. T’es marié t’as un petit, 4 ans, qui gambade avec toi en vacances, tu fais des photos, tu bidouilles. Et 20 ans plus tard ton môme te demande
            « mais yavait pas un chat blanc là? tu l’a viré? »
            toi: « heuuu… possible, faut qu’j’regarde si j’ai encore l’fichier »
            ton môme « tu l’as pas viré hein dit ? c’est le chat qui m’a fait rêver jusqu’à maintenant »
            toi « Ah! oui le chat blanc! c’était celui là ? heuu j’ai du le virer parcequ’il ne passait pas bien dans le cadre … bon heuu je l’r’t’rouvais …  »

            et la panique: merde qu’as tu fait de ce fichier ? 😉

            Bon ok c’est nul comme exemple, mais pas si débile, j’ai vu des gens TRA-FFI-QUER les propres photos de vacances au point ou l’endroit ne ressemblait plus au lieu où ils étaient passés. Et quand tu fais des photos de famille avec tes mômes tu passes en gros un contrat moral qui dit que quand tu verras ça dans 30 ans tu pourras te rappeler comment c’était. Et là tu es obligé de ne rien changer car il aura forcément vu quelque chose de différent de toi, même un détail, et si en plus tu traffiques ce que tu as vu toi, lui n’a aucune chance de reconstruire un souvenir réaliste … et là on rentre dans du « MATRIX » à l’envers, enfin c’est mon point de vue …

            Quand tu traffiques tu exprimes une vision élaborée esthétiquement, ie ce que tu as envie de voir, ce que tu voudrais voir. On est donc plus dans le registre de « l’art » (aujourd’hui ce terme ne veut strictement plus rien dire à mon sens, donc je l’utilise moi aussi) que celui du reportage.

            Triche ou pas triche, c’est à toi de le dire à personne d’autre sauf si tu déclares un truc et fais l’opposé …

            Pour mes photos de famille que je fais en argentique, je ne clone rien sauf les pétouilles de développement ce qui s’appelle de la repique en tirage gélatine. Et je me l’interdis pour exactement cette raison, pour moi le cadrage est déjà un effacage du reste.

            Tout ceci est à pondérer par la valeur de l’auteur de ces mots: en l’occurence zéro bulos 😉 donc t’énerve pas je ne suis qu’un grain de sable … même pas de sable d’ailleurs c’est assez prétentieux, en fait je ne suis qu’un grain … oui c’est ça un grain, un tout petit grain …

            Après la « photo de rue » …
            ça veut surtout dire ce que ça veut dire pour l’auteur et donc il faut connaître l’auteur …
            Alexis Articles récents…Les modes de mesure d’exposition en photographieMy Profile

          • Thomas Benezeth dit :

            Toujours intéressant quand les gens ont beaucoup de choses à dire 😉 Moi je ne fait pas de montage 🙂

  7. Thomas Benezeth dit :

    Je précise qu’on parle ici de trois passionnés de photo de rue et d’argentique qui répondent simplement à mes questions, et ce débat sur la « triche » n’a donc aucun rapport avec eux ^^

    C’est pas grave, toute discussion est ouverte ici, mais je tenais à remettre les choses dans leur contexte 😉

  8. Lionel dit :

    Je suis assez d’accord avec Alexis.
    1 Oui certains amateurs abusent de la retouche. Le monde amateur de la photo est comparable au monde amateur du sport dans lequel aucun contrôle n’est imposé, contrairement au monde « pro ». Ca laisse libre champ aux « dérives ».

    2 Oui le terme « photographe de rue » est un mauvais terme. Encore pire est celui de « street photography ». Je préfère dire « photographe humaniste ». Ce photographe est un passionné de photo mais aussi de l’humain. Il cherche donc à capter des scènes du quotidien, rien d’autre, mais avec le souci de retranscrire le réel. Ce sont donc des photographes qui, si leur démarche est honnête, refusent tout « magouillage » allant même, comme moi, jusqu’à présenter leurs photos en plein cadre même si celles ci ne sont pas parfaites sur ce point. Le but de cette photo est de montrer l’humain dans son quotidien mais aussi le travail effectué par le photographe pour arriver à la photo finale car la photo humaniste demande beaucoup d’investissement personnel.

    3 Sur le net tout passe ! J’ai vu pas mal de photos sur le net, et j’en ai retrouvées en expo et là ce n’était plus la même chose. Ce qui ne se voyait pas sur le net saute parfois aux yeux sur un tirage.

    4 L’intégrité du photographe. Ca pour la connaitre il faut connaitre le photographe et, bien sur, son travail. Pour « l’argentiste » il est facile de montrer l’intégrité de son travail par le simple fait de présenter ses planches contact au moindre doute émis.

    5 La triche ? Elle existe partout alors pourquoi pas dans le domaine de la photo ?

    Trop de photographes pensent à ce que leurs photos leurs apportent au présent. Peu pensent à ce qu’elles apporteront dans quelques années. Une photo est ce qu’on laisse derrière nous, ce qui reste après nous. C’est pour cela que dans le domaine de la photo humaniste et aussi familiale, qui pour moi est une forme de photo humaniste, « l’honnêteté » doit être respectée. Voilà pourquoi je pense que la photo humaniste ou dite « de rue » est indissociable de la pellicule parce que seule la pellicule à la véracité que demande ce style de photo. La photo humaniste est aussi une philosophie de photographier. Elle ne se pratique pas, par exemple, avec de longues focales car elle demande un investissement personnel qui est incompatible avec un gros télé. Le cocktail gagnant pour pratiquer la photo humaniste ou dite « de rue » est, à mon avis bien sur : un boitier argentique discret, une focale courte correspondant à sa vue (en général 35 ou 50) de façon à anticiper son cadrage, de la patiente, de l’observation, de la discrétion et de la rigueur.

    Quant à la photo argentique, toujours à mon avis, elle ne peut se vivre quand maitrisant toute la chaine. Lorsque je fais de la diapo, je développe mes films et ensuite je les numérise. C’est pour moi très frustrant de ne plus pouvoir faire mes tirages couleur. L’ordinateur me simplifie le travail, m’économise des sous mais me prive du contact avec la matière. Mais lorsque je travaille du N et B, là je peux tout maitriser de la prise de vue à l’encadrement, même plus, de la fabrication de l’appareil photo (sténopé par exemple) à l’encadrement qui comprend la fabrication du passe-partout. Le plaisir d’avoir réussi une photo à la prise de vue, réussi son tirage, et son encadrement est sans égal pour le passionné.

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